Vivre

On fait avec ce qu’on à.

Il est 23h, je viens de terminer un film incroyable « Nos étoiles contraires ». Ce film m’a littéralement bouleversé, cette histoire d’amour entre ces deux jeunes atteint de cancer est émouvante.

Au delà de cette histoire d’amour belle et romantique, ce film nous met à l’épreuve sur ce que l’on pense vouloir vraiment avant de partir.

Aujourd’hui j’ai eu ma 5eme crise intestinale violente depuis que j’ai repris le travail (il y a 7 semaines exactement). Je sais que ces crises sont causées à cause de mon alimentation ou de mon stress. Etant donné que je suis mon régime stricte à la lettre, je sais qu’il s’agit de mon stress, de la tension, des soucis… Je sais aussi que plus mes crises seront rapprochées et plus j’aurais des chances de faire une récidive.

Ca se sont les faits, les constats.

Alors bien sur mon entourage tente de trouver des solutions pour diminuer mon stress et dans le but de me protéger, de m’aider. Je leur en suis très reconnaissante de cet amour et ce soutien qu’il me montre.

Met toi en arrêt maladie, repose toi, ça te fera du bien de souffler.

Cela pourrait être une bonne idée si je n’étais pas une mère célibataire ayant à moi seule la totalité des factures de mon foyer et si la totalité de mon salaire actuelle n’étais pas nécessaire pour subvenir aux besoins de ma famille. Hors lorsque l’on est en arrêt maladie, on ne touche pas la totalité de son salaire et cela m’est donc impossible sans me mettre plus encore dans la difficulté et donc me provoquer encore plus de stress.

Quitte ce travail, demande une rupture conventionnelle et tu auras un an au chômage pour te retrouver un autre travail.

Ca aussi ça serait une bonne idée si je n’avais pas mis 20 mois pour trouver ce travail que j’ai aujourd’hui. Prendrais je le risque de me retrouver sans un sous au bout d’un an? Et changer de travail serait il la solution pour résoudre tout mon stress? Ne serait ce pas plus stressant encore de commencer un nouveau travail, faire ces preuves?

Il faut que j’arrête de faire l’association entre mes crises et une potentielle récidive.

Certes mais c’est un fait, un constat médical. Vivre dans le déni de cette possibilité ne serait pas une erreur plus grave encore? Car je suis la preuve qu’un cancer pris à temps à plus de chance.

Et puis le travail n’est pas le seul facteur de stress dans ma vie. Quand on est mère célibataire le stress n’est jamais partagé, les soucis ne sont jamais partagés, les taches ne sont jamais partagés, les doutes ne sont jamais partagés…

Tout comme nous, nos amis, notre entourage a peur et tente par tous les moyens de trouver des solutions pour nous aider. Mais très souvent ils se placent de leur point de vue et pas du notre. Il regarde avec leur yeux, leur quotidien, leur compte en banque, leur situation familiale, leur travail.

Il faut bien imaginer que toutes ces solutions on les a déjà décortiquées, étudiées, mais personne d’autre n’est à ma place à part moi. Personne d’autres ne sait ce à quoi le quotidien que je vie ressemble, personne ne sait la charge mentale, physique, émotionnelle et financière que j’ai sur les épaules car personne dans mon entourage ne la vie.

Alors il faut faire avec ce qu’on a, faire avec nos contraintes.

Comme Hazel le dit à Gus qui cherche impérativement à laisse rune trace avant de mourir dans ce film incroyable, il ne faut pas essayer de plaire à tout le monde, d’être reconnu par tout le monde, de laisser une trace, il faut savoir apprécier d’être aimer par une personne, se dire que nos proches se souviendront de nous et que ça c’est mieux que le monde entier. Il faut faire avec ce qu’on a.

Je n’ai pas du tout l’intention de laisser une trace quelconque, mais par contre je comprend le fait de faire avec ce que l’on a, sans essayer de tout changer, tout évoluer pour que les choses soient forcément comme on le voudrait. La vie n’est pas parfaite, et la mort non plus d’ailleurs.

Lorsque tu ne peux pas faire sans alors fais avec et fais en une force.

Moi je fais avec ce que j’ai, mes contraintes, mon travail, mes problèmes, mes soucis et j’essai de faire avec pour que ça ne me cause pas de crises et plus de problèmes. Mais surtout je fais avec une famille aimante, des amis incroyables, touchants et que j’aime. Et ça c’est mieux que le monde entier. C’est déjà pas mal.

En attendant de gagner au loto.


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