J’ai la chance d’avoir cet endroit.
Ce repère, ce refuge, ce lieu qui est l’endroit le plus beau qui existe sur cette planète, celui qui répare mes maux quand j’en ai besoin, celui qui me donne de la force pour affronter les épreuves, celui qui me ressource en énergie quand je suis à plat.
Ce lieu médicament est mon paradis.
Il est presque magique quand on réfléchit bien.
Dès le moment où je pose mes pieds sur son sol, où je pose mes yeux sur sa beauté, j’ai systématiquement et de manière automatique sans réfléchir un sourire sur mon visage.
Cet endroit est précieux car il regorge de tous mes plus beaux souvenirs de ma vie.
Cette histoire d’amour entre ce lieu et moi a commencé l’été de mes 11 ans.
Mes parents travaillaient énormément et n’avaient pas la possibilité de partir en vacances avec nous. Ils avaient alors demandé à ma tante Dominique de nous prendre avec elle pour l’été.
Tatie Dominique partait tous les étés dans ce lieu magique avec sa fille, Sophie, ma cousine adorée, on s’entendait tellement bien et nous avions presque le même âge.
J’étais très heureuse de partir avec ma cousine et ma tante que j’aimais beaucoup.
La séparation avec mes parents ne m’inquiétait pas plus que ça, cela faisait déjà 2 ans que ma sœur et moi étions au pensionnat et j’ai toujours été de nature indépendante.
Cet été-là, nous avions fait la route, Tatie, Sophie, ma sœur et moi et la cousine de Sophie Héloise (la plus jeune de nous toutes). Je ne sais pas comment ma tante a fait pour faire ce long trajet avec toutes cette troupe bruyante et excitée que nous étions.
Aujourd’hui mon regard d’adulte et de maman est en admiration envers ma tante, qui à aucun moment nous a montré de l’agacement, de l’énervement, de l’épuisement. C’est une sainte.
Sophie était fille unique, je pense qu’elle voyait cet été entouré de 4 jeunes filles entre 7 et 13 ans comme une joyeuse colonie de vacances et de bons souvenirs pour sa fille.
Si elle savait aujourd’hui le bien qu’elle a fait, le bonheur qu’elle m’a procuré, le magnifique cadeau que cela représente à mes yeux.
Lorsque nous avons franchi les barrières de cette résidence, gardée par des gardiens qui réclamaient pâte blanche pour entrer, j’ai été sans voix. Moi qui avais jaqueté pendant presque tout le voyage avec les filles, j’étais d’un seul coup devenue aphone, muette, immobile. J’ai baissé la vitre pour n’avoir aucun filtre qui pourrait séparer ce que je vois de la réalité.

Et pendant les nombreux virages qui nous amenaient jusqu’à l’appartement de ma tante, je n’ai cessé de regarder silencieusement, religieusement la beauté de cette végétation luxuriante, la vue de cette mer incroyablement bleue, incroyablement belle, incroyablement vaste. Les immeubles n’étaient même pas des immeubles classiques, c’était une architecture douce, presque dépourvue d’angle droit, dans les tons ocres, beiges se mêlant aux couleurs des tuiles. Une architecture pensée pour se mêler à la nature et surtout ne pas gêner la végétation, la beauté naturelle de ce lieu.
Ma tante s’enquiert de ma santé, elle qui ne m’entendait plus depuis plusieurs minutes, ce qui n’étais pas le cas depuis ces 10 heures de routes ensembles. Je décroche enfin mon regard de l’extérieur pour répondre à ma tante en lui disant un « C’est magnifique » avec les yeux pleins d’émotion. Elle sourit de son large et grand sourire communicatif. Ma tante est une femme joyeuse, généreuse qui aime recevoir et qui recevait les gens divinement bien. Elle sait y faire mieux que personne. Lorsque l’on était invité chez Tatie Dominique que l’on soit adulte, enfant, adolescent, elle mettait un point d’honneur à ce que l’on soit tous heureux.
Nous arrivons dans l’appartement, à droite de la porte d’entrée se situait la cuisine qui m’a toujours semblé si petite pour ma tante qui était une cuisinière incroyable et qui nous sortait toujours des repas merveilleux de cette si petite cuisine. De la magie !
Puis à gauche une large pièce de vie avec la salle à manger et le séjour qui s’ouvrait sur une large baie vitrée qui donnait sur une terrasse incroyable. Suffisamment grande pour avoir une table à manger pour au moins 6 convives et des chaises longues de l’autre côté. Le tout donnant sur une vue sur cette mer méditerranée qui finira par me muter de nouveau dans un silence et me figea comme une statue. Comment cela pouvait-il vraiment exister ? Comment cette vue pouvait-elle être aussi incroyablement émouvante ?
Tout le monde s’agitait dans les chambres en choisissant soit la chambre avec le lit double soit la chambre avec les lits superposés, alors que j’étais resté bloqué sur la terrasse happée par ce que je voyais. Je ne voulais rien oublié du tableau que je regardais devant moi, les couleurs dans le ciel, la lumière du soleil qui scintille sur la mer, ces palmiers si grands qu’ils pourraient toucher un nuage s’il y en avait.
Tatie s’approche de moi, me met ses mains sur mes épaules et me demande si je ne veux pas choisir mon lit avant que les autres ne choisissent pour moi.
Je la regarde les yeux remplis de larmes et je lui dis « C’est l’endroit le plus beau que je connaisse » Elle m’a regardé en souriant et m’a dit : « je sais, cet endroit est magique, on en tombe vite amoureux ».
C’était ça, c’était exactement ça, c’était ma première histoire d’amour passionnelle. Mais cette histoire ne s’est jamais terminée, 38 ans plus tard je suis toujours autant éprise et ce lieu me rend au centuple tout mon amour.
Après cet été, j’ai demandé à ma tante si je pouvais revenir chaque été dans ce paradis.
J’avais passé un été exceptionnel, on n’avait créé des amitiés et des souvenirs qui ne finiront jamais jusqu’à aujourd’hui.
Je suis revenue chaque été chez ma tante jusqu’à ce que mes parents décident d’avoir leur propre appartement dans ce lieu magique.
Seule possibilité s’ils souhaitaient passer des vacances d’été avec moi car il n’était plus du tout envisageable pour moi de ne plus venir un seul été dans ce lieu.
Et c’est ce qui est arrivé, depuis mes 11 ans je n’ai JAMAIS manqué un été ici dans mon Paradis.
J’ai même eu la chance d’y avoir moi aussi, dès que j’ai pu adulte et mère de famille, mon propre appartement. Et bonheur ultime j’y ai même vécu pendant plus de 3 ans à l’année.
C’est ici que je revis, c’est ici que je me relève, c’est ici que je mourrais.
Et vous, avez-vous la chance d’avoir un tel endroit dans votre vie, pour abritez vos histoires et vous réparez ?
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